L'église Saint-Jean-l'Évangéliste de Dole, située dans le département du Jura en France, est un exemple remarquable d'architecture religieuse contemporaine du XXe siècle. Son histoire débute dans les années 1950-1960, alors que la ville de Dole connaît une expansion démographique significative, nécessitant la création d'une nouvelle paroisse pour répondre aux besoins spirituels et sociaux de la population.
L'initiative de sa construction revient à Mgr Marcel Flusin, évêque de Saint-Claude, qui lance un concours national d'architecture en mars 1960 pour concevoir une église moderne, intégrée à un centre paroissial tourné vers la vie sociale. Le projet lauréat est celui des architectes Anton Korady et André David-Cottet, en collaboration avec le sculpteur Maurice Calka. Le terrain est fourni par la congrégation Saint-Charles de Dole.
Le Rôle de l'Abbé Jean Dole
L'abbé Jean Dole (1918-2015), né à Esserval-Tartre et ordonné prêtre en 1945 à Lons-le-Saunier, a joué un rôle central dans la construction de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste à Dole. Nommé curé de la nouvelle paroisse Saint-Jean-l'Évangéliste par Mgr Marcel Flusin, évêque de Saint-Claude, au début des années 1960, il a été chargé de lancer le projet et de collecter les fonds nécessaires, alors que la paroisse n'existait pas encore et que la ville s'étendait vers le sud en raison de l'essor industriel.
Faisant preuve d'une énergie remarquable, secondé par l'Abbé Gabriel Maire (cf. le chapitre qui lui consacré ci-dessous), il a réussi à financer l'édifice atypique grâce à la générosité des fidèles de Dole et de tout le diocèse, sans recourir à des emprunts ni à des subventions publiques. Considéré comme le fondateur de l'église, il a également impulsé la création d'installations connexes, telles que le foyer des jeunes travailleurs et le restaurant Saint-Jean, intégrant une dimension sociale à l'aspect spirituel.
Il a documenté cette histoire dans un livret sur la construction de l'église, ainsi que dans un ouvrage intitulé Saint-Jean : au cœur du Jura et de la cité doloise, disponibles via les Amis de Saint-Jean. Son engagement a été honoré lors du cinquantenaire de l'église en juin 2014, où il a reçu une bénédiction papale du pape François, sollicitée par Mgr Jordy. Décédé fin juillet 2015, une messe en son honneur a été célébrée le 16 août suivant à l'église Saint-Jean.
La construction
L'intérieur inclut un autel massif taillé dans un bloc de pierre de 14 tonnes, des fonts baptismaux en roche surmontés d'un poisson (symbole chrétien de l'ichtus), et une crypte en béton brut avec une croix creusée dans le mur. Dix cloches électroniques diffusent le son sans fragiliser la structure. L'église est entourée d'un foyer Saint-Jean, abritant des logements pour étudiants et jeunes actifs, ainsi que des associations comme une antenne de radio chrétienne (RCF) et un centre de loisirs.
Les travaux de rénovation
Reconnue pour sa valeur patrimoniale, elle reçoit le label "Patrimoine du XXe siècle" en 2004 (ou 2006 selon certaines sources), puis est inscrite au titre des monuments historiques en 2007. En 2024, marquant les 60 ans de sa construction, l'église fait l'objet d'un "Projet Saint-Jean" pour des travaux de rénovation, notamment de la toiture, soutenus par l'État. Ce projet visait à en faire un lieu de dialogue œcuménique, d'inclusion sociale (accès à la lecture et au calcul pour tous), de promotion de l'art sacré (concerts, expositions), et d'événements culturels.Aujourd'hui
L'église Saint-Jean reste un symbole d'unité chrétienne et d'ouverture, promouvant des échanges interreligieux et servant de point d'ancrage pour la communauté locale.
Quelques photos
In memoriam : l'abbé Gabriel Maire
En 1969, il est muté à la cathédrale de Saint-Claude, où il reste jusqu'en 1980, exerçant un ministère marqué par l'accompagnement des communautés et l'enseignement. Motivé par un appel à vivre l'Évangile au plus près des démunis et inspiré par l'option préférentielle pour les pauvres promue par l'Église, il part en 1980 pour le Brésil comme prêtre "fidei donum" (prêté par son diocèse). Installé à Vitória (État d'Espírito Santo), dans le diocèse local, il s'engage auprès des communautés ecclésiales de base (CEB), des quartiers populaires et des plus vulnérables. Il fonde des initiatives sociales comme une bibliothèque, un journal féminin (Femmes d'Action), un centre pour enfants handicapés, et lance en 1988 un appel pour construire un centre de formation pour les CEB, achevé après sa mort et nommé Dom Luis Fernandes. Son action inclut la dénonciation des accaparements de terres, le soutien aux sans-abri et la promotion de la paix, de la démocratie et de la justice, ce qui lui vaut des menaces de mort.
Son destin funeste survient le 23 décembre 1989 : alors qu'il rentre d'un mariage au volant de sa voiture à Vitória, il est assassiné d'une balle en plein cœur à l'âge de 53 ans. Présenté initialement comme un crime crapuleux par les autorités, l'homicide est reconnu en 2007 comme un "crime commandité" motivé par ses engagements politiques et sociaux, deux jours après une interview télévisée dénonçant des injustices. Malgré des poursuites, le dossier est classé par prescription en janvier 2016, les accusés libérés et les preuves détruites, bien que le juge dénonce un déni de justice. Son héritage perdure via des associations comme "Les Amis de Gabriel Maire" en France et "Padre Gabriel Maire pour la défense de la vie" au Brésil, qui perpétuent ses initiatives et commémorent sa mémoire, avec des hommages annuels dans le Jura et au Brésil. Une rue porte son nom à Dole dans le Quartier des Noches.
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