Construite au XVIe siècle, elle présente un style architectural hybride gothique-Renaissance et a été édifiée sur le site d'une ancienne collégiale, dont elle a hérité le nom et le statut jusqu'en 1790.
Bien qu'élevée au rang de basilique mineure en 1951, elle continue d'être appelée traditionnellement « collégiale ». Elle est classée monument historique depuis 1910 (Cf. https://www.patrimoine-histoire.fr/P_FrancheComte/Dole/Dole-Notre-Dame.htm).
Origines et Fondation
En 1277, Alix de Méranie, comtesse de Bourgogne, exprime
dans son testament le souhait de transférer le chapitre des chanoines de
Poligny à Dole, mais les autorités religieuses s'y opposent. Ce n'est qu'en
1304 que sa belle-fille, Mahaut d'Artois, comtesse de Bourgogne, parvient à
établir l'église comme collégiale.
Chronologie de la Construction
La construction de l'édifice actuel est influencée par des
événements historiques, notamment le siège de Dole en 1479 lors de la
succession troublée de Charles le Téméraire, dernier duc souverain de
Bourgogne. Louis XI de France s'empare de Dole et la rase, mais après sa mort
en 1483, sa fille Anne, régente, autorise la reconstruction de la ville. Des
plans pour une nouvelle grande collégiale sont dessinés en 1483, mais des
retards de financement repoussent les travaux. En 1509, la première pierre est
posée par Antoine de Vergy, archevêque de Besançon, et l'église est consacrée
en 1571 par Claude de La Baume, également archevêque de Besançon. L'église est
achevée en 1574, avec le clocher terminé en 1596.
Événements Clés
Pendant la Révolution française, la collégiale sert
brièvement d'entrepôt avant d'être convertie en Temple de la Raison en 1793,
puis en Temple de l'Être suprême en 1794. Elle retrouve son usage catholique en
1802. En 1951, elle est consacrée basilique par le nonce apostolique Angelo
Roncalli, qui deviendra pape Jean XXIII en 1958.
Caractéristiques Architecturales
La collégiale se caractérise par sa sobriété, reflet de la
tradition architecturale religieuse de Franche-Comté. Elle symbolise la
renaissance de Dole et des libertés comtoises après le siège de 1479 et la
Contre-Réforme. Le clocher, porche ouest, est achevé en 1596 et comportait
initialement un dôme inspiré de Santa Maria del Carignano à Gênes, conçu par
Hugues Sambin, atteignant 82 mètres. Endommagé par les « 1000 coups de canon »
lors du siège de 1636 par Condé et une tempête subséquente, le dôme s'effondre
en 1636, affectant les toitures et voûtes. Il est reconstruit d'ici 1640,
réduit à 73 mètres, ce qui en fait le plus haut de Franche-Comté.
Le portail principal, de style Renaissance, est réalisé en
1577 par le sculpteur Hugues le Rupt en pierre de Sampans, remplaçant un
portail gothique de 1555. La nef, construite au XVIe siècle dans un style
gothique tardif, mesure 58 mètres de long et 26 mètres de haut, avec une voûte
quadripartite soutenue par des piliers cylindriques sans chapiteaux, renforçant
son dynamisme. Elle manque de triforium et comporte trois vaisseaux, le central
éclairé par de grandes fenêtres.
Une particularité notable est le jubé, sculpté entre 1560 et
1568 par Denys Le Rupt sur demande d'Étienne Bernard, initialement prévu entre
la nef et le chœur mais déplacé en 1562 pour préserver la perspective. Depuis
1750, il sert de tribune pour l'orgue.
Restaurations et Figures Notables
Les restaurations incluent la Sainte-Chapelle en 1991,
l'extérieur en 1995, et l'intérieur de 2006 à 2009, supervisées par
l'architecte Paul Bernoud. Parmi les figures notables associées à la collégiale
figurent Louis Pasteur, baptisé ici en 1823, ainsi que divers sculpteurs et
artistes comme Denys Le Rupt, Hugues Sambin et Laurent Pécheux, dont les
œuvres, incluant un cycle de douze tableaux de 1753 à 1781, décorent la nef et
le chœur.
L'orgue, construit entre 1750 et 1754 par Karl-Joseph Riepp,
est un élément significatif, avec des modifications et restaurations au fil des
XVIIIe, XIXe et XXe siècles, notamment par François Callinet en 1787 et
Philippe Hartmann en 1959, visant à restaurer son caractère du XVIIIe siècle.
Éléments Architecturaux et Décoratifs Supplémentaires
Le transept, long de 33 mètres, présente des portails
gothiques de 1555 par Antoine le Rupt, avec des vitraux de 1933 et suivants.
Histoire du Gros Bourdon du Clocher de la Collégiale Notre-Dame de Dole
Le Gros Bourdon, également appelé grand bourdon, est la plus
grosse cloche du clocher de la Collégiale Notre-Dame de Dole (devenue basilique
en 1951). Situé dans le beffroi de cette église emblématique du Jura, il fait
partie d'un ensemble campanaires qui a évolué au fil des siècles. Son histoire
est marquée par plusieurs refontes successives, reflétant les besoins de
maintenance, les avancées techniques en fonderie et les événements historiques
locaux. Voici une chronologie détaillée basée sur les sources disponibles.
Origines et Premières Cloches (XVIe siècle)
La première cloche connue à occuper la fonction de Gros
Bourdon est installée en 1582, peu après l'achèvement principal de la
collégiale (consacrée en 1571). Elle pèse environ 2 600 kg et est hissée dans
le clocher, qui culmine à 73 mètres. À cette époque, le clocher abrite un
ensemble plus important, comptant jusqu'à 12 cloches avant la Révolution
française. Ce premier bourdon symbolise la renaissance de Dole après les
destructions du siège de 1479 par Louis XI, où la ville avait été rasée.
Refonte au XVIIIe siècle
En 1762, la cloche de 1582 est remplacée par un nouveau
bourdon plus lourd, pesant 3 220 kg. Cette refonte s'inscrit dans un contexte
de modernisation des installations campanaires, sans événement spécifique
documenté comme déclencheur (comme une fissure ou une usure). Ce bourdon
servira près d'un siècle.
Refonte au XIXe siècle
En 1867, le bourdon de 1762 est à son tour refondu par le
fondeur François-Joseph Bournez, originaire de Morteau (Doubs). La nouvelle
cloche pèse environ 3 000 kg (3 tonnes) et fait partie d'un ensemble de quatre
cloches coulées cette année-là, aux notes la2, do#3, mi3 et la3. Seule la
troisième cloche de cet ensemble (note mi3, poids environ 1 050 kg, diamètre
120 cm) subsiste intégralement aujourd'hui. La deuxième cloche (note do#3,
poids environ 1 600 kg, diamètre 140 cm) sera remplacée en 1904 par Farnier de
Dijon, tandis que la plus petite disparaîtra. Cette refonte de 1867 pourrait
être liée à des dommages accumulés ou à un désir d'harmonisation sonore.
Parmi les cloches de 1867, l'une des plus petites est nommée
"Marie-Ferdinand", qui existe encore et sonne aux côtés du Gros
Bourdon actuel. La cloche refondue en 1904 porte le nom
"Marthe-Charlotte" et est utilisée pour marquer les heures via un
marteau automatique.
Refonte Moderne et Bourdon Actuel (XXe siècle)
Le bourdon actuel, nommé "Marie-Colette-Etienne",
est coulé en 1955 par la fonderie Paccard à Annecy (Haute-Savoie, parfois citée
comme Sevrier). Il pèse 3 833 kg, mesure 183 cm de diamètre et émet la note la2
(-12/100). Il remplace directement la cloche de 1867. Les raisons précises de
cette refonte ne sont pas explicitement documentées dans les sources
consultées, mais elle pourrait être due à une usure, une fissure ou un désir de
modernisation post-Seconde Guerre mondiale. Il est consacré en 1955 par Mgr
Flusin, évêque de Saint-Claude.
En complément, le beffroi abrite depuis 1956 un petit
carillon de quatre cloches fixes (plus petites), qui sonnent les quarts d'heure
avec des mélodies variées.
Événements Notables
- Libération
de Dole en 1944 : Le bourdon de l'époque (celui de 1867) est sonné à
toute volée pour célébrer la Libération de la ville. Mme Marcelle
Vacheret, une figure locale, l'associe à la naissance de son petit-fils,
soulignant la rareté de telles sonneries complètes. Cet événement marque
un moment symbolique de joie collective après l'occupation nazie.
- Le
Gros Bourdon sonne traditionnellement pour les grandes occasions
religieuses (fêtes, mariages, funérailles) et civiques. Il ne sonne pas
quotidiennement pour éviter l'usure, mais est activé pour les offices
majeurs ou événements exceptionnels.
Aujourd'hui, le Gros Bourdon reste un élément emblématique
du patrimoine dolois, symbolisant la résilience de la ville. Le clocher, classé
monument historique depuis 1910, abrite trois cloches de volée au total, dont
ce bourdon est le plus imposant.
Histoire de l'Orgue de Riepp de la Collégiale Notre-Dame de Dole
L'orgue de la Collégiale Notre-Dame de Dole, souvent désigné
comme l'orgue de Riepp, est un instrument emblématique du XVIIIe siècle,
considéré comme l'un des rares survivants miraculés de l'orgue classique
français. Construit par Karl Joseph Riepp (également connu sous le nom de
Charles-Joseph Riepp, 1710-1775), un facteur d'orgues d'origine souabe
(Allemagne) établi à Dijon, il témoigne d'une fusion entre traditions
françaises et germaniques. Avec environ 3 500 tuyaux, 61 jeux et 82 rangs, il
est installé sur une tribune Renaissance sculptée par Denys Le Rupt
(1560-1568). L'orgue est classé monument historique et est entretenu par
l'Association des Amis de l'Orgue de Dole.
